Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bonjour,

 

Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire part de mon parcours avant d'en arriver là où je suis, dans le monde de la corseterie. C'est un parcours assez atypique et vous verrez qu'il n'est jamais trop tard, si vous avez l'envie et la passion, pour créer des corsets.

 

Je ne suis pas tombée dedans quand j'étais petite... Pas du tout. Déjà, je ne savais pas trop ce que c'était. Personne dans ma famille ne portait de corset, pas même mon arrière-grand-mère.

En revanche, j'avais une grand-tante couturière (mais elle n'exerçait déjà plus quand j'étais petite) qui a enseigné les rudiments de la couture à ma mère et celle-ci m'a à son tour appris, lorsque je lui ai demandé, à utiliser une machine à coudre.

 

A l'adolescence, j'ai commencé à fabriquer mes premières pièces de couture : un sac, un T-shirt (j'avais repéré un modèle très beau mais que je ne pouvais me payer), quelques jupes que l'on me disait immettables (il s'agissait de bouts de tissus coupés et assemblés n'importe comment mais pour moi, c'était super !)... Bref, pas de quoi casser trois pattes à un canard !

 

Arrivée à Paris pour mes études de musique (eh oui, c'est aussi ma passion depuis toujours et une part de mon autre métier aujourd'hui), je n'avais plus le matériel pour coudre.

Mais un jour, une envie m'a prise : réaliser un sarouel. Et généralement, quand j'ai envie de quelque chose, je ne peux attendre longtemps... Très vite, j'avais le tissu en main, j'ai alors pris une aiguille et du fil et, après avoir coupé un simple rectangle et une ceinture, j'ai assemblé mon sarouel à la main. J'étais très heureuse de le réaliser et fière du résultat. En rentrant le week end suivant chez mes parents, je me suis jetée sur la machine à coudre pour en faire un autre, plus solide et que j'ai ensuite brodé...

Régulièrement, j'avais envie de réaliser des vêtements. Quelques mois plus tard, voyant mon engouement pour la couture, ma mère a eu l'idée, avec ma grand-mère, de m'offrir une machine à coudre pour un Noël : ce cadeau a littéralement changé le cours de ma vie.

J'ai réalisé des poupées pendant un temps, quelques jupes... Et trouvant le prix de certains vêtements exhorbitant, je regardais comment ceux-ci étaient faits et essayais de les reproduire chez moi.

 

Un jour, alors que je m'étais acheté un très beau bustier (mais dont les baleines plastiques pliaient au niveau du ventre une fois porté plus de 10 minutes), que j'avais récupéré un très beau tissu de ma grand-tante couturière (qui m'inspirait une pièce corsetée)  et qu'une amie s'était fait faire un corset sur mesure (avec un magnifique tissu chinois or et noir), j'ai décidé, ne pouvant me l'offrir étant donné le prix, de me fabriquer un corset.

 

Comme à mon habitude, pas de patron (je n'en avais jamais utilisé). Je prends alors le tissu et je coupe trois pièces suivant à peu près les courbes du corps. Je les assemble et réalise une doublure. Je crée quelques casiers et y passe des baleines en plastique. Je pose un biais à la machine et des oeillets avec un marteau. Hop : mon premier corset est terminé ! Pas très ajusté, pas du tout dans les règles de l'art mais ça y est, la passion du corset est née en moi !

Je continue ainsi, j'ajoute même des fermetures éclair sur les côtés pour que ça soit plus pratique à mettre : un busc moderne en quelque sorte ! J'avais des idées que je pensais astucieuses mais maintenant, je trouve cela tellement inesthétique que je ne le ferai plus !

A ce moment-là, j'en suis encore à trois pièces de tissu pour un corset. Ensuite, réalisant que ce n'est pas assez ajusté, j'en ajoute deux autres, toujours en les dessinant à main levée à même le tissu (j'étais folle !).

 

Le résultat dépendait fortement du tracé et ce n'était pas toujours ce que j'attendais qui arrivait... Forcément !

Au fil du temps, j'ai inventé différents modèles, dont quelques uns jolis et réussis, avec plus de pièces (jusqu'à 13 si je me souviens bien) mais d'autres loupés, carrément loupés.

Au final, j'ai compris qu'il fallait réaliser un patron ; j'en ai donc créé un que j'utilisais pour les corsets suivants que je fabriquais.

 

Tous ces corsets, à ma taille (ou à peu près ou totalement loupés !), je les ai encore et je rigole bien lorsque je les vois maintenant ! Mais j'étais prise dans ma passion : une fois un corset terminé, je voulais absolument progresser et en faire d'autres : les tissus m'inspiraient et m'aspiraient à continuer. Et maintenant, je me dis que sans eux, je n'aurais pas voulu apprendre davantage l'art de corseter.

La passion m'envahissant davantage, je voulais aussi pousser l'histoire un peu plus loin, réaliser des corsets pour d'autres et j'en ai eu l'occasion. Mais pareil : même si le résultat était plutôt encourageant, il n'était pas assez concluant pour moi. Je sentais mes limites.

 

A un moment, j'ai donc compris que je ne progresserais plus par moi-même. En allant sur internet pour trouver de l'inspiration dans des images, j'ai fini par tomber sur le site de l'école du corset. J'ai rencontré Béatrice Moreau en juin 2011 et je commençai l'école en septembre. Pendant les vacances d'été, j'avais reçu la consigne de tout oublier sur mon ancienne pratique.

 

A l'école du corset, je créai un patron pour la première fois de ma vie, j'employai les matériaux justes pour l'art de la corseterie, j'apprenai à créer des modèles uniques et des tas d'autres choses... La suite, vous la connaissez : l'envie de créer pour les autres, de monter ma petite entreprise et de réaliser toujours plus de pièces exceptionnelles !

 

Dans ma vie de corsetière, il y a donc deux périodes : les premiers pas d'autodidacte et les pièces "à-peu-près" (que vous pouvez voir photographiées sur mon site et vous remarquerez peut-être tous les défauts que je déplore maintenant !) et la période formation, post-formation et professionnalisation avec des pièces beaucoup plus respectueuses du corps (du sur-mesure), dans la tradition de la corseterie (matériaux, patrons...) et tellement plus réussies. Vous pouvez aussi les trouver sur mon site et voir la différence entre ces deux périodes : c'est incomparable !

 

En résumé, je suis arrivée dans la couture assez tardivement, je suis tombée dans le corset simplement car je voulais en réaliser un puisque je ne pouvais me l'offrir et finalement, j'ai souhaité en faire mon métier mais depuis un an seulement... Vous voyez : rien n'est perdu dans la vie et il est toujours temps de se lancer dans sa passion. Il suffit de s'en donner les moyens.

 

Nouveau site : www.artisanducorset.com

Nouveau blog : www.artisanducorset.com/leblog

 

Tag(s) : #textes